J’ai fait le choix de rédiger mon mémoire de fin de cursus à l’ESRA sur le thème du Field Recording. Comment le monde moderne transforme la pratique du Field Recording.

INTRODUCTION

“La prise de son sur le terrain est une pratique périlleuse. Les facteurs responsables de cette dégradation des conditions d’enregistrements seront développés dans ce mémoire. De nouvelles méthodes de captations permettant de s’affranchir de ces contraintes ou d’en profiter seront également proposées.
Cette problématique est née de mon intérêt pour la prise de son et d’expériences qui m’ont confronté aux contraintes actuelles. J’ai été marqué dès mes premiers exercices à l’ESRA lors d’enregistrements au parc des Gayeulles. J’y ai constaté que le visuel n’est plus en lien avec le son. Le microphone m’a permis de prendre du recul et d’être plus objectif sur l’environnement sonore. C’est à ce moment que j’ai été frappé par l’impact des nuisances sur le paysage sonore. Elles conduisent d’ailleurs les étudiants à l’utilisation de banque de sons sur internet, car les moteurs rendent la prise de son classique complexe.
Ayant effectué un BTS en aménagements paysagers j’étais déjà sensibilisé à l’écologie sonore en milieu urbain et rural. Malheureusement, les précautions en faveur de la préservation du paysage sonore dans l’aménagement du territoire restent insuffisantes. J’aborderais l’impact de cette densité et des nouvelles technologies sur la santé et sur la biodiversité.”

CONCLUSION

          “Le field recording est une pratique en pleine expansion. Les avancées technologiques ont simplifié les techniques d’enregistrement et réduit le coût du matériel. Internet a permis le partage des savoirs, enregistrements et la création de communautés à l’échelle mondiale. Paradoxalement, même si de nombreux pratiquants œuvrent pour la protection de l’environnement, il n’y a jamais eu autant d’enregistreurs et microphones en circulation qu’aujourd’hui.
L’avenir de l’audionaturalisme et d’autres domaines en lien avec la prise de son en milieu naturel ont un avenir compromis par plus facteurs ; la pollution sonore, de plus en plus présente contraint les preneurs de sons à s’exiler loin des nuisances, enregistrer sur des créneaux horaires réduits et se rapprocher des sources sonores. Ces solutions, au vue de l’emprise croissante des moteurs sur les territoires ne seront, à terme, pas suffisantes. Les mesures mises en place pour la protection du patrimoine sonore sont encore trop rares pour enrayer ce phénomène. La numérisation et internet ont bouleversé les rouages économiques de la vente de sons. Le piratage et la dématérialisation en sont les responsables. Malgré que de nouvelles méthodes tendent à se mettre en place, elles n’ont pour l’instant pas permis aux créateurs d’en faire leur activité principale.
À l’instar des artistes, la nouvelle génération devra s’adapter à ces contraintes et en profiter pour proposer de nouvelles matières sonores. De nouvelles méthodes d’enregistrement sont aujourd’hui rendues possibles par le développement de nouveaux systèmes permettant d’explorer les champs magnétiques, milieux aquatiques, solides…
Ces transformations et la démocratisation du field recording ouvrent sur un futur où le nombre grandissant de preneurs de sons aura la capacité de sensibiliser son entourage à la pollution sonore et ainsi participer à la préservation du paysage sonore.